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Loi n° 2023-668 · 27 juillet 2023

Loi Kasbarian-Bergé : ce qu'elle change pour les propriétaires

Ce texte triple les peines pour violation de domicile, crée deux nouveaux délits pénaux et ouvre une voie administrative de 72 h pour récupérer un logement squatté — sans passer par le tribunal.

Source : Légifrance — loi n° 2023-668 · service-public.fr · Mis à jour 2026

Loi Kasbarian-Bergé n°2023-668 du 27 juillet 2023 contre le squat, texte officiel au Journal officiel
3 ans
Max. peine violation de domicile
72 h
Procédure préfectorale pour votre domicile
2 ans
Occupation frauduleuse de local
2023
Année d'entrée en vigueur
Les 4 changements clés

Ce que la loi change

Quatre axes structurent la loi : le droit pénal, la procédure administrative, la trêve hivernale et la clause résolutoire.

Droit pénal

Tableau des sanctions depuis le 29 juillet 2023

Ces peines sont les maxima légaux. Le juge apprécie au cas par cas selon les circonstances et le casier judiciaire.

Infraction Article Prison max. Amende max.
Violation de domicile Art. 226-4 CP 3 ans 45 000 €
Occupation frauduleuse d'un local Art. 315-1 CP (créé 2023) 2 ans 30 000 €
Maintien après jugement d'expulsion Art. 315-2 CP (créé 2023) 6 mois 7 500 €
Propagande pour le squat Art. 315-3 CP (créé 2023) 1 an · 15 000 €

Source officielle : Légifrance — loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 · service-public.fr

Procédure administrative express

La procédure 72 h étape par étape

Dès la découverte de l'intrusion, chaque heure compte. Voici comment se déroule la procédure préfectorale depuis la loi de 2023.

Immédiat
Déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Le dépôt de plainte est un préalable indispensable. Il établit la date de l'intrusion et déclenche la constatation pénale des faits.

J+1
Saisir la préfecture par courrier ou portail dédié

Joindre : titre de propriété, justificatif de domicile (factures, bail précédent), récépissé de plainte, attestation sur l'honneur de l'absence de bail avec les occupants. La préfecture dispose de 48 h pour instruire.

J+2
Instruction et décision préfectorale (48 h)

Le préfet vérifie que les conditions légales sont réunies. Si elles le sont, il adresse une mise en demeure aux occupants de quitter les lieux dans un délai qu'il fixe (24 h en pratique).

J+3
Évacuation forcée par les forces de l'ordre (24 h)

Passé le délai de la mise en demeure, le préfet peut requérir les forces de l'ordre pour procéder à l'évacuation. Aucune décision de justice n'est nécessaire à ce stade.

Quand cette procédure s'applique

Résidence principale, résidence secondaire meublée, logement meublé entre deux locations ou avant emménagement — dès lors que des meubles appartenant au propriétaire s'y trouvent. La procédure couvre aussi le logement vacant dont le propriétaire réside à l'étranger.

Quand cette procédure ne s'applique pas

Locaux commerciaux, bureaux, terrains, garages non attenants à un logement — et surtout les situations de locataire défaillant, même s'il ne paie plus depuis longtemps. Pour ces cas, la voie judiciaire civile reste la seule option.

Vérifier si ma situation ouvre droit à cette procédure
Distinction fondamentale

Squatteur ou locataire impayé : deux procédures distinctes

Confondre les deux situations est l'erreur la plus fréquente — et la plus coûteuse en temps. La qualification juridique détermine entièrement la voie à emprunter.

Squatteur

  • Entrée sans droit ni titre
  • Aucun bail, jamais
  • Voie préfectorale 72 h possible
  • Trêve hivernale inapplicable
  • Infraction pénale dès l'entrée

Locataire impayé

  • Entrée initiale légale (bail signé)
  • Procédure judiciaire civile obligatoire
  • Clause résolutoire accélérée (loi 2023)
  • Trêve hivernale applicable
  • Pas de voie préfectorale
Procédure judiciaire complète

Pour les deux voies — administrative et judiciaire —, notre guide détaillé décrit chaque étape, les délais réalistes et les pièces à réunir. Consulter le guide complet →

Questions fréquentes

Loi Kasbarian-Bergé : vos questions

La loi Kasbarian-Bergé s'applique-t-elle à mon cas ?

Elle s'applique si votre logement — résidence principale, secondaire ou meublée entre deux locations — a été occupé sans droit ni titre par des personnes entrées par voie de fait (effraction, fausse clé, introduction profitant d'une absence).

Elle ne s'applique pas à un locataire défaillant : même s'il ne paie plus, ce dernier est entré légalement dans le logement avec un bail, et seule la procédure judiciaire civile lui est applicable. La confusion entre les deux situations retarde l'expulsion.

La trêve hivernale protège-t-elle encore les squatteurs ?

Non. Les squatteurs (occupants sans droit ni titre entrés par voie de fait) sont exclus de la trêve hivernale depuis la loi ELAN de 2018 (loi n° 2018-1021), qui a modifié l'article L412-6 du Code des procédures civiles d'exécution.

La loi Kasbarian-Bergé de 2023 n'a pas modifié ce point — elle confirme et renforce la distinction. La trêve hivernale ne protège que les locataires liés par un bail valide, pas les occupants illicites.

Quelles sont les nouvelles sanctions créées en 2023 ?

La loi a introduit trois nouveaux articles dans le Code pénal :

  • Art. 315-1 — Occupation frauduleuse d'un local à usage d'habitation ou professionnel : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende.
  • Art. 315-2 — Maintien dans les lieux après jugement d'expulsion : jusqu'à 6 mois et 7 500 €.
  • Art. 315-3 — Propagande pour le squat (diffusion de procédés pour s'introduire frauduleusement) : jusqu'à 1 an et 15 000 €.

Elle a aussi triplé les peines pour violation de domicile (art. 226-4 CP) : 3 ans et 45 000 € au lieu d'1 an et 15 000 €.

Mon locataire ne paie plus : cette loi m'aide-t-elle ?

Partiellement. La loi de 2023 a accéléré le jeu de la clause résolutoire du bail : la suspension automatique des délais de paiement est supprimée. Deux mois après un commandement de payer resté infructueux, le bail est résilié de plein droit.

En revanche, la procédure reste entièrement judiciaire : le locataire doit être assigné devant le tribunal judiciaire, qui prononce l'expulsion. La voie préfectorale des 72 h ne s'applique jamais à un locataire, même devenu défaillant.

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Information générale — pas un conseil juridique personnalisé. Contenu basé sur la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 et les sources officielles. Ne remplace pas l'avis d'un avocat qualifié pour votre situation.