Où porter plainte ?
Trois guichets sont possibles. Chacun a ses particularités :
Commissariat de police
Zone urbaine. Dépôt de plainte le jour même possible. Récépissé immédiat. Recommandé si squat récent (moins de 48 h).
Brigade de gendarmerie
Zone rurale ou périurbaine. Même valeur juridique que le commissariat. Peut établir un procès-verbal de flagrance si squat récent.
Procureur de la République
Par lettre recommandée avec accusé de réception. Utile si le commissariat refuse d'enregistrer votre plainte. Déclenche une enquête préliminaire.
Ce qu'il faut apporter
Les infractions visées et leurs peines
Précisez dans votre plainte les infractions pénales concernées :
- Art. 315-1 du Code pénal : introduction ou maintien frauduleux dans le domicile d'autrui — 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (loi 2023-668)
- Art. 226-4 du Code pénal : introduction dans le domicile d'autrui à l'aide de manœuvres, menaces ou voies de fait — 1 an et 15 000 € — texte sur Légifrance
- Art. 322-1 du Code pénal : dégradation ou détérioration du bien — 2 ans et 30 000 €, si dégradations constatées
Plainte pénale et action civile : les mener en parallèle
Plainte pénale
- Commissariat, gendarmerie ou parquet
- Déclenchement de l'enquête judiciaire
- Délais lents : 12 à 24 mois avant audience
- N'ordonne pas l'expulsion — prononce des sanctions
Action civile
- Tribunal judiciaire (référé ou fond)
- Ordonne l'expulsion et les dommages
- Référé : 6 semaines à 4 mois
- Peut débuter avant et sans la plainte pénale
Le traitement des plaintes pénales pour squat est lent. La plainte sera souvent classée sans suite ou traitée longtemps après votre expulsion judiciaire. Ne comptez pas sur elle pour obtenir rapidement votre logement. Dès le dépôt de plainte, engagez simultanément la procédure civile — référé ou saisine préfectorale selon votre situation. Les deux voies sont parfaitement compatibles.
Le récépissé : votre preuve de la démarche
À la fin du dépôt de plainte, le service vous remet un récépissé mentionnant la date, l'heure et le numéro de procès-verbal. Conservez ce document précieusement : il prouve officiellement la date à laquelle vous avez déclenché la procédure pénale. Il est également indispensable pour saisir la préfecture dans le cadre de la procédure 48 heures.
