Loi & droits

Vos droits face à un squatteur

Votre droit de propriété est garanti par l'article 17 de la DDHC et l'article 544 du Code civil. Mais exercer ce droit face à un squatteur suit des règles précises que vous devez connaître avant d'agir.

Art. 17 DDHC + art. 544 CC Procédures à jour 2026 Ce qui est interdit sous peine de prison
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Document des droits du propriétaire face à un squatteur, cadre légal 2026

Le fondement juridique de votre droit

L'article 544 du Code civil dispose que "la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue". L'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 élève ce droit au rang de droit fondamental. Face à un squatteur, vous disposez de moyens légaux précis pour faire valoir ce droit — à condition de les utiliser dans le bon ordre.

Vos 3 droits concrets

1

Porter plainte immédiatement

Déposez plainte au commissariat ou à la brigade de gendarmerie dès que vous constatez le squat. La plainte pénale constitue la preuve officielle de votre démarche et déclenche l'enquête de police. Elle peut être déposée quelle que soit la date de début du squat.

2

Utiliser la procédure préfectorale 48 heures si votre bien est un domicile

Si le squat a été constaté dans les 48 heures et que le bien est votre résidence principale ou secondaire, vous pouvez saisir le préfet par courrier (avec copie de la plainte, titre de propriété et tout document attestant de l'introduction récente). Le préfet peut ordonner l'expulsion par arrêté dans les 24 heures.

3

Saisir le juge en référé (urgence)

Hors procédure préfectorale, le référé est la voie la plus rapide devant le tribunal judiciaire. Le juge des référés peut ordonner l'expulsion en quelques semaines si le squat constitue un trouble manifestement illicite. Cette procédure requiert un avocat. Elle est disponible quelle que soit la nature du bien squatté.

Ce que vous ne pouvez pas faire

Actes interdits — risque pénal pour vous
  • Couper l'eau, l'électricité ou le gaz pour contraindre les squatteurs à partir : article 226-4-2 du Code pénal — 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.
  • Entrer par la force dans votre propre bien ou faire appel à des personnes pour "récupérer" le logement physiquement.
  • Menacer ou intimider les occupants : ces actes peuvent constituer des menaces ou des violences au sens pénal.
  • Déposer les affaires du squatteur dehors ou changer les serrures sans décision de justice : voie de fait constituant un trouble à l'ordre public.

Ces actes peuvent retourner la procédure contre vous, même si vous êtes le propriétaire légitime.

Squatteur ou locataire : deux procédures différentes

La distinction est juridiquement décisive. Un locataire — même avec des impayés, même dont le bail est résilié — bénéficie de la protection de la loi du 6 juillet 1989 (loi 89-462). Vous devez passer par la procédure d'expulsion locative classique : commandement de payer, assignation, jugement, délai de deux mois, concours de la force publique.

Le squatteur, lui, n'a aucun titre d'occupation. Il relève des articles 315-1 à 315-3 du Code pénal et de la procédure préfectorale si le bien est votre domicile. Confondre les deux situations entraîne systématiquement des erreurs de procédure qui allongent considérablement les délais.

Voie légale

Face à un squatteur

  • Plainte pénale (art. 315-1 CP)
  • Procédure préfectorale 48 h (domicile)
  • Référé judiciaire
  • Réclamer des dommages-intérêts
Voie légale

Face à un locataire défaillant

  • Mise en demeure (AR)
  • Commandement de payer
  • Assignation tribunal (loi 89-462)
  • Concours force publique post-jugement
Réclamation de dommages-intérêts

En parallèle de l'expulsion, vous pouvez réclamer une indemnité d'occupation (équivalent d'un loyer pour la durée du squat) ainsi que la réparation des dégradations causées. Ces demandes se formulent dans le cadre d'une action civile, distincte de la plainte pénale, et peuvent être portées devant le tribunal judiciaire.

Questions fréquentes

Mes droits sont-ils différents si le bien squatté n'est pas mon domicile ?

Oui, de façon significative. Si le bien squatté est un terrain, un local commercial ou un logement qui n'est pas votre résidence principale ou secondaire, la procédure préfectorale 48 heures ne s'applique pas. Vous conservez le droit de porter plainte et de saisir le juge en référé, mais les délais sont ceux de la voie judiciaire ordinaire (6 à 18 mois). Le fondement pénal reste l'article 226-4 du Code pénal (introduction par manœuvre ou voie de fait), dont les peines sont moins lourdes qu'aux articles 315-1 et suivants.

Le squatteur prétend avoir un bail : comment réagir ?

Ne cédez pas face à un bail dont vous n'avez pas connaissance et que vous n'avez pas signé. Un "bail" produit par un squatteur est souvent un faux : la jurisprudence est nette sur ce point. Portez plainte pour faux et usage de faux (art. 441-1 CP) en plus de la plainte pour squat. Un commissaire de justice peut dresser un constat établissant que vous n'avez jamais conclu de contrat de bail avec l'occupant. Confiez le dossier à un avocat sans attendre.

Puis-je réclamer des dommages-intérêts pour la durée du squat ?

Oui. Vous pouvez demander une indemnité d'occupation correspondant à la valeur locative du bien pour chaque mois squatté, ainsi que la réparation des dégradations matérielles constatées par huissier (commissaire de justice). Ces demandes peuvent être jointes à la procédure civile d'expulsion ou faire l'objet d'une action séparée. Pour les dégradations, un constat dressé immédiatement après l'expulsion — avant tout travaux — est indispensable pour chiffrer le préjudice.

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