La règle des 3 conditions cumulatives
La procédure 48 h n'est pas une solution universelle. Elle ne s'applique que lorsque les trois conditions suivantes sont toutes réunies simultanément. L'absence d'une seule d'entre elles renvoie vers la voie judiciaire.
Conditions requises
- Bien = votre domicile (résidence principale ou secondaire)
- Squat constaté depuis moins de 48 h
- Vous avez déposé plainte auprès des forces de l'ordre
- Vous demandez l'intervention de la force publique au préfet
Ne s'applique pas à
- Locaux commerciaux, garages, entrepôts
- Terrains nus ou agricoles
- Logements locatifs non habités par le propriétaire
- Squat installé depuis plus de 48 h
Ce que dit la loi : article 1 de la loi 2023-668
L'article 1er de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 a introduit une procédure administrative permettant au préfet d'ordonner l'expulsion d'occupants sans droit ni titre d'un domicile, dès lors que le propriétaire ou le locataire a déposé plainte et que l'introduction dans le domicile est récente.
Cette procédure est administrative et non judiciaire : aucun passage devant un tribunal n'est requis. Le préfet peut délivrer directement un arrêté autorisant le concours de la force publique.
Loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 — Légifrance · Service-public.fr — Procédure squat
Les étapes à enchaîner sans perdre de temps
Appeler police ou gendarmerie immédiatement
Dès la découverte du squat, appelez le 17 (police) ou le 112 (urgences). Demandez un constat d'intrusion sur place. Même si les forces de l'ordre ne peuvent pas expulser spontanément, leur présence et leur rapport constituent une preuve indispensable pour la suite.
Déposer plainte pour violation de domicile
Rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie pour déposer plainte formellement, en invoquant l'article 226-4 du Code pénal. Obtenez impérativement le récépissé de dépôt de plainte : ce document est exigé par la préfecture. Art. 226-4 C.pén. — Légifrance
Saisir le préfet du département
Adressez une demande écrite à la préfecture (en main propre ou par recommandé avec AR) accompagnée de : votre récépissé de plainte, un justificatif de domicile prouvant qu'il s'agit de votre résidence, tout document établissant votre droit de propriété (acte notarié, taxe foncière), et si possible un constat de commissaire de justice.
Instruction par le préfet et arrêté d'expulsion
Le préfet instruit le dossier dans les meilleurs délais. Si les conditions légales sont remplies, il prend un arrêté ordonnant l'expulsion et requiert le concours de la force publique. La loi ne fixe pas de délai maximal à la préfecture, mais la procédure peut aboutir en quelques jours dans les cas bien documentés.
Expulsion par les forces de l'ordre
En présence du commissaire de justice et d'un représentant des forces de l'ordre, l'expulsion est exécutée. Les biens personnels des squatteurs sont inventoriés et conservés selon la procédure légale. À l'issue, reprenez possession des lieux et faites constater l'état du bien.
Le délai de 48 h commence à courir à partir du moment où vous avez eu connaissance de l'intrusion, et non à partir de la date d'entrée des squatteurs. Si vous apprenez le squat 3 jours après qu'il s'est produit, la procédure accélérée n'est plus applicable : la voie judiciaire s'impose.
Ne perdez pas de temps à tenter de négocier ou à attendre. Chaque heure compte.
Quand la procédure 48 h ne peut pas être utilisée
Plusieurs situations fréquentes excluent le recours à la procédure accélérée :
- Le squat est installé depuis plus de 48 h : la voie judiciaire (assignation en référé) est la seule option.
- Il s'agit d'un local commercial, d'un terrain ou d'un logement locatif : seule la voie judiciaire est applicable.
- L'occupant a un semblant de titre (bail expiré, autorisation verbale passée) : la qualification est à vérifier avec un avocat avant d'agir.
Dans ces situations, reportez-vous à la procédure judiciaire en 7 étapes.
- Acte de propriété ou titre de propriété
- Justificatifs de domicile (factures, avis de taxe d'habitation)
- Photos et vidéos du squat, horodatées
- Récépissé du dépôt de plainte
- Constat de commissaire de justice si possible
- Coordonnées d'un avocat (pour pallier un éventuel refus préfectoral)
