Loi & droits

La loi anti-squat de 2023

La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 a alourdi les sanctions pénales et renforcé la procédure préfectorale d'expulsion. Voici ce que le texte dit exactement — sans raccourcis.

Texte officiel Légifrance Peines pénales vérifiées Mis à jour juin 2026
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Texte de la loi anti-squat 2023 dite Kasbarian-Bergé, Journal Officiel

Ce que la loi 2023-668 change concrètement

Promulguée le 27 juillet 2023, la loi Kasbarian-Bergé (n° 2023-668) est la réforme la plus substantielle en matière de squat depuis la loi DALO de 2007. Elle agit sur trois leviers distincts.

Mesure 1

Procédure préfectorale renforcée pour le domicile

Le délai de mise en demeure préfectorale est désormais aligné sur la fenêtre de 48 heures suivant l'introduction illicite dans un domicile (résidence principale ou secondaire). Le préfet dispose de 24 heures pour prendre son arrêté d'expulsion, puis la force publique peut être engagée. Cette procédure ne concerne que les domiciles — pas les terrains ni les locaux commerciaux.

Mesure 2

Sanctions pénales alourdies (art. 315-1 à 315-3 du Code pénal)

L'introduction et le maintien frauduleux dans le domicile d'autrui sont désormais punis de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. Les peines sont portées à 5 ans et 75 000 € en cas de réunion, de violence ou de menaces. Ces infractions sont spécifiquement codifiées aux articles 315-1 à 315-3 du Code pénal, distincts du délit général d'introduction par manœuvre (art. 226-4 CP).

Mesure 3

Accélération judiciaire et nouvelles obligations

La loi crée une obligation de signalement pour les personnes qui se maintiennent dans un domicile après mise en demeure préfectorale, et prévoit des délais d'audience raccourcis devant le tribunal judiciaire pour les litiges liés au squat de domicile.

Ce que la loi n'a pas changé

Ce qui reste identique
  • Les délais judiciaires hors flagrant délit demeurent de 18 à 36 mois en moyenne pour obtenir une décision exécutoire.
  • La procédure préfectorale express ne s'applique pas aux occupants d'un logement vacant qui n'est pas un domicile.
  • Les locataires défaillants continuent de bénéficier de la protection de la loi du 6 juillet 1989 (loi 89-462) : la loi Kasbarian-Bergé ne modifie pas ce régime.
  • La trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) reste applicable aux procédures d'expulsion locative.
  • Il reste strictement interdit de couper les fluides ou d'expulser par la force : ces actes constituent des infractions pénales (art. 226-4-2 CP).

Le texte de référence

La loi est publiée au Journal Officiel du 28 juillet 2023. Vous pouvez consulter le texte intégral sur Légifrance :

→ Loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 — JORFTEXT000047870428

Tableau récapitulatif des sanctions

Infraction Article Peine prison Amende
Introduction/maintien dans un domicile 315-1 CP 3 ans 45 000 €
En réunion ou avec violence/menaces 315-2 CP 5 ans 75 000 €
Introduction par manœuvre/voie de fait (hors domicile) 226-4 CP 1 an 15 000 €
Coupure de fluides pour contraindre à quitter 226-4-2 CP 1 an 15 000 €
À retenir

La loi Kasbarian-Bergé est un outil utile si votre bien est un domicile et si vous agissez dans les 48 heures. Au-delà, ou pour un bien qui n'est pas votre résidence, la voie judiciaire classique reste la seule option. Un avocat spécialisé peut évaluer la procédure adaptée à votre situation en moins d'une heure.

Questions fréquentes sur la loi 2023

Qu'est-ce qui change concrètement pour un propriétaire dont la maison est squattée ?

Si le squat a été constaté dans les 48 heures et que le bien squatté est votre domicile (résidence principale ou secondaire), vous pouvez déclencher la procédure préfectorale accélérée : appel au 17, dépôt de plainte, puis demande écrite au préfet. L'arrêté d'expulsion peut être pris en moins de 24 heures. Si la condition de domicile ou le délai de 48 heures n'est pas respecté, aucune procédure accélérée n'est disponible et il faut saisir le tribunal judiciaire.

La loi Kasbarian-Bergé s'applique-t-elle aux locataires qui ne partent pas ?

Non. Un locataire qui occupe un logement en vertu d'un bail — même expiré, même avec des impayés — n'est pas un squatteur au sens de la loi 2023-668. La procédure applicable reste celle de la loi du 6 juillet 1989 : commandement de payer, assignation au tribunal, jugement de résiliation du bail, puis délai d'expulsion. La loi Kasbarian-Bergé ne modifie pas ce régime et ne supprime pas la trêve hivernale.

Depuis quand la loi est-elle en vigueur ?

La loi n° 2023-668 a été publiée au Journal Officiel du 28 juillet 2023 et est entrée en vigueur dès cette date pour la grande majorité de ses dispositions. Certains décrets d'application précisant les modalités de mise en demeure préfectorale ont été publiés à l'automne 2023. Le texte intégral est consultable sur Légifrance.

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